comprendre ses rêves et ses visions d’ayahuasca

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décrypter ses rêves et les visions d’ayahuasca

L’ingestion d’ayahuasca entraine divers effets plus ou moins importants et plus ou moins agréables.

Parmi ceux-ci, il y a les rêves

Bien entendu, il n’est pas indispensable de boire de l’ayahuasca pour en avoir. Ce qui va être dit ici concerne également les rêves que tout le monde fait lors de son sommeil habituel.

 

L’onirisme, qu’il soit naturel ou provoqué avec de l’ayahuasca ou d’autres plantes, par la musique, la méditation ou le son du tambour par exemple, tient une place particulièrement importante dans le monde des « peuples premiers ».

Les rêves servent selon eux, à communiquer avec les esprits des ancêtres, des plantes ou des animaux. Ils peuvent être aussi des messages envoyés par le créateur. Cette activité tient une place importante dans la vie sociale, et ce, depuis la nuit des temps.

Chez « nous » les Occidentaux, les rêves sont bien moins considérés, et surtout beaucoup moins utilisés, malgré les études réalisées par Freud ou encore Jung. Les cartésiens diront qu’ils n’y croient pas, alors que Descartes lui-même, à rêvé son « Discours de la méthode – pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences ». No comment !

Ils peuvent pourtant être parfois d’une grande utilité pour nous connaître nous-mêmes, car ils forment une sorte de dialogue intérieur, entre notre conscient et notre subconscient.

Malheureusement, nous nous en servons peu pour 2 raisons principales : la difficulté pour s’en souvenir et leur compréhension, ou plutôt leur non-compréhension.

Un des rôles du chaman est justement de faire l’analyse à la place du rêveur afin qu’il en retire des informations utiles pour sa vie actuelle et future.

Quoi qu’il en soit, il est parfois difficile pour une personne de décrypter les rêves d’une autre, surtout lorsque la symbolique est différente, comme c’est le cas entre « nous » et les peuples d’Amazonie.

Ainsi, un chaman sera bien en veine de vous donner une explication rationnelle et véritable au sujet vos rêves.

Mais, faisons une étude de cas, et voyons l’exemple ci-dessous tiré d’un de mes séjours au Pérou. Ce n’est pas moi le rêveur de cette histoire. Cela fait bien longtemps que je n’ai plus besoin de personne pour comprendre mes aventures oniriques. De plus, mes rêves sont bien trop précieux pour laisser quiconque, y compris – et surtout ? – un chaman pour s’en occuper. Malgré tout le respect que j’ai pour certains d’entre eux.

Donc, un participant à un séjour chamanique a fait le rêve suivant après une huitaine de prises d’ayahuasca et de jus de tabac en 3 semaines environ :

J’étais dans une voiture. C’était ma voiture, mais dans la « vraie vie » j’en possède une tout autre. Elle était neuve, belle et puissante. Son moteur rugissait comme celui d’une voiture de course (il s’agissait en fait, d’une sorte de « Mini Cooper » avec de très grosses roues, haute comme un « Range Rover » et avec un moteur de « Ferrari » – la totale-).

Les gens me regardaient avec envie, mais sans jalousie. Elle était orange et éclatante, comme un beau coucher de soleil. C’est ça, elle était couleur « coucher de soleil ». Jamais dans ma vie je n’ai pensé acheter une voiture de cette couleur, c’est tout simplement farfelu. Mais là, c’était divin.

J’étais beaucoup plus haut que les autres. Je dominais la foule des autres automobilistes. J’étais sur une autoroute. Je voulais rouler beaucoup plus vite, la puissance du moteur me le permettait. Mais j’étais coincé dans une circulation très dense, un peu comme un jour de départ en vacances.

Les gens roulaient très lentement, car il y avait un radar automatique plus loin. Personne ne voulait se faire flasher et moi non plus. Et là, je me suis réveillé.

 

J’ai choisi cet exemple, car il est simple à comprendre, mais regardons d’un peu plus près, et mettons-nous à la place du chaman…

Quels sont les mots clés que l’on peut tirer de ce rêve ? « Voiture, orange, vitesse, embouteillage, foule, départ en vacances, autoroute, radar automatique, se faire flasher… »

Est-ce que ces mots sont en rapport avec l’Amazonie, l’ayahuasca, les esprits de la forêt, ou les symboles oniriques amérindiens habituels ? Bien sûr que non ! Aucun !

Donc, quelles sont les possibilités offertes au chaman pour déchiffrer le message délivré par ce rêve ?

– Ne rien dire. C’est tout simplement impensable du fait du rôle habituel de guide du chaman. Il est sensé avoir les réponses.
– Vous monter un bobard sur mesure comme un pâtissier monte des blancs d’oeufs en neige. Ce sera assez facile si vous avez parlé avec lui pendant votre séjour, en vous dévoilant quelque peu.
– Vous dire « je ne sais pas, je vais demander à l’ayahuasca à la prochaine session ». Ça lui laisse le temps d’apprendre la pâtisserie…

Quant à vous :

– Vous ne pouvez accepter son silence, car vous avez traversé le monde pour avoir des réponses, et vous avez payé d’avance pour ça…
Vous comprenez qu’il vous raconte n’importe quoi et vous vous demandez si vous avez bien fait de venir pour entendre ça, et compte tenu du prix, le séjour vous reste en travers de la gorge.

– Vous prenez le mensonge pour de l’eau bénite, au moins le temps que les effets de l’ayahuasca se dissipent totalement et que vous sortiez de votre béatitude, c’est à dire quelques jours après être rentré chez vous. Là, vous comprenez que vous vous êtes fait promener en bateau (en pirogue ?), que chaman et pâtissier sont 2 spécialités différentes et vous regrettez amèrement d’avoir raconté vos aventures péruviennes avec moult détails, à vos meilleurs amis qui en rigolaient déjà avant votre départ…

Au fait, voulez-vous savoir ce qu’a dit le chaman au sujet de ce rêve ?

Bien, pour commencer, il y eut un très long silence…du genre : « je sais, je vais t’expliquer. Mais je réfléchis à la manière dont je vais pouvoir te dire les choses simplement, de façon à ce que ton petit esprit étriqué de gringo puisse comprendre des choses qui sont tellement évidentes pour nous autres initiés et coutumiers de la « connaissance ». »

Ensuite, se prenant magistralement les pieds dans le tapis (tout en restant assis, il faut le faire), il bredouilla quelque chose comme : « l’ayahuasca veut t’enseigner, mais il faut que tu restes plus longtemps ou que tu reviennes », (là c’est clair, on cherche à garder le client), « mais… » (après le « mais », personne n’a rien compris, serait-ce fait exprès ?), puis, « je vais voir lors de la prochaine cérémonie pour avoir plus de détails… ». Ça tombait bien, notre gringo rentrait en France le lendemain, soit la veille de « la prochaine cérémonie ».

Soyons clairs, nous les 0ccidentaux nous venons avec nos questions et nous voulons des réponses, mais, nos problèmes ne sont pas les leurs, nos questions la plupart du temps ne font pas partie de leur culture, et ils n’ont donc pas forcément les moyens d’analyser objectivement nos visions qui viennent d’un autre monde.

Ne prenez JAMAIS au pied de la lettre ce que vous verrez (ou croirez voir) et encore moins ce que les chamans vous diront, même s’ils sont souvent bien intentionnés.

Alors, gardez la tête froide, restez fiers, soyez forts et surtout soyez des libres penseurs.

 

 

le premier chaman

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légende Amérindienne

À l’origine, le «grand Créateur du tout» avait façonné un monde parfait. Il n’y avait ni faim ni froid, ni maladie ni souffrance. Le mal n’existait pas.

Tous les animaux étaient herbivores et les végétaux fournissaient tous les besoins des hommes. Il suffisait de penser que les plantes poussent pour qu’elles grandissent effectivement.

Dans cet univers, les choses n’étaient pas ce qu’elles paraissent être, elles étaient ce que l’on voulait qu’elles soient.

Les hommes désobéirent

Malheureusement, les hommes ne respectèrent pas les règles établies. Ils désobéirent. Ils créèrent des complications qui n’existaient pas.

Le Grand Ordonnateur, déçu, abandonna ses créatures à son double pernicieux. Chassées du Paradis Primordial, lieu d’immortalité, de paix et d’abondances, elles devinrent «physiques» avec des envies et des besoins, source d’insatisfaction et de frustration.

Dans ce Nouveau Monde d’en bas, tout se succède : la souffrance succède au bien-être, la maladie à la santé, la mort à la vie, la nuit au jour… et tous les êtres sont liés entre eux. Ainsi, celui qui fait souffrir les animaux souffrira à son tour… Celui qui détruit ce qui l’entoure se détruit lui-même…

Le monde se transforma sous l’emprise du mal

Le monde se transforma alors peu à peu sous l’emprise du mal et de la souffrance, jusqu’à ce qu’il soit ce qu’il est aujourd’hui.

Toutefois, le Créateur permit aux hommes de «s’élever» pour aller dans le «lieu où se rendent les âmes», afin de le retrouver. Pour cela, il leur donna 3 moyens : les rêves, la mort et la voie du chamanisme.(Il est à noter que le terme «chaman» habituellement employé vient de la langue toungouse (les Toungoustes sont un peuple sibérien), et n’a donc pas cours dans les diverses langues amérindiennes. Dans l’Amérique Hispanophone, on parle généralement de curandero = guérisseur.)

Le premier chaman

Le premier homme qui parvint à retrouver le chemin menant au Créateur fut sacré chaman. Le divin lui apprit comment contacter les esprits. Il lui indiqua que ce sont eux qui lui enseigneraient les chants, les plantes médicinales ainsi que le rituel d’initiation. Les esprits de la forêt communiqueraient avec les hommes via les rêves ou après ingestion de certaines plantes. (Le mélange ayahuasca-chacruna en fait partie).

À son retour, il rapporta que dans ce monde parfait tout était transparent, la maison du créateur comme les créatures. On pouvait voir leurs os au travers d’eux.»

Autre peuple, autre continent, même vision du monde

Cette dernière phrase renvoie aux peintures des Aborigènes d’Australie représentant le «temps du rêve». Autre peuple, autre continent, mais vision commune.

Les rêves

Le rêve justement, selon la légende, est le premier moyen pour communiquer avec le monde originel.

Le principal problème est la non-maitrise du «voyage» pendant le sommeil. S’il est sûr que le rêve est le moyen le plus sécuritaire pour l’entreprendre, il est peu évident d’en retirer quelque chose de consistant, à moins d’en comprendre l’interprétation, ou à interférer dans le rêve lui-même. Dans ce dernier cas, on parle de rêve lucide, à ne pas confondre avec la visualisation.

Pourtant, le rêve peut-être un outil fantastique pour avancer dans la vie. Évidemment, les cauchemars font aussi partie de cette catégorie. Mais s’ils ne sont pas agréables, n’oublions pas qu’ils sont une alerte. Les cauchemars récurrents mettent l’accent sur un problème en particulier avec une action corrective à engager dans sa vie.

Vous pouvez aussi simplement demander à vos guides avant de vous endormir, ou à votre subconscient, mettez le terme qui vous convient, de vous donner la solution à la question que vous vous posez. Vous verrez que si vous faites confiance à la «manoeuvre», le matin au réveil il y a des chances pour que vous soyez sur la voie.

La mort

La deuxième méthode pour atteindre le paradis perdu est beaucoup plus expéditive, puisqu’il s’agit de la mort. Là, à priori, c’est simple à comprendre. Il n’y a pas de retour possible, sauf si vous croyez en la réincarnation. Et encore, la réincarnation de l’âme est-elle celle de l’esprit ? J’affirme que non, mais le débat est ouvert. Cela pourrait faire un sujet intéressant, non ?

La mort donc, est une promesse de vie meilleure dans le monde d’en haut. (Attention ! Ne vous suicidez pas ! Pour accéder au monde d’en haut il faut vivre « justement » et aller au bout de la « vie d’en bas »). Cette vision est conforme à la doctrine catholique, qui pourtant a réprimé (et réprime encore) les pratiques chamaniques. Ainsi, dans les deux cas, la mort est une libération. On quitte le monde d’en bas, monde de souffrances, pour embrasser le bonheur éternel.

La voie du chaman

La troisième et dernière voie est celle du chamanisme. L’homme est alors guidé par les esprits, créatures intermédiaires entre les deux mondes.

Le chaman est donc quelqu’un qui a acquis le savoir nécessaire pour communiquer avec les esprits. Il est lui même un intermédiaire entre le monde physique et le monde des esprits. En tant que tel, il est considéré, selon la légende, comme le réparateur du désordre qui règne ici-bas.

Une maladie, une affection psychique, spirituelle ou énergétique sont considérées comme des désordres. Ces esprits lui enseignent la connaissance des plantes médicinales afin de porter assistance à qui en a besoin.

Le chaman peut voler (pas au sens physique bien entendu) pour s’élever spirituellement et voir les choses «d’en haut», nager sous les eaux pour atteindre les esprits des mondes aquatiques, et peut voir ce que les autres ne voient pas.

Il interprète les rêves et les visions de sa communauté et la guide dans une vie juste, afin d’éviter les interactions négatives. (Celui qui fait souffrir, souffrira, celui qui détruira, sera détruit…)

Le chaman garantit le retour du « voyageur ». Il est également le garant du «bon retour», de la personne ayant également bu la plante, afin de communiquer avec les esprits ou d’entreprendre le voyage vers le monde d’origine. En effet, le voyageur inexpérimenté a toutes les chances de se perdre en route.

Il négocie avec les esprits négatifs qui interviennent souvent dans le monde physique. Parfois, certains chamans font alliance avec ces esprits, afin de servir le mal. Ce sont des chamans du «côté obscur»…

L’ayahuasca (en fait un mélange du type ayahuasca-chacruna, mais il y en a d’autres) est la plante qui permet au chaman d’officier. Très schématiquement, elle est naturellement présente à l’ouest d’une ligne partant du delta de l’Orénoque au nord, passant par Manaus et allant jusqu’au sud de l’Amazonie.

Et vous, qu’est-ce que ça vous inspire ?