le premier chaman

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légende Amérindienne

À l’origine, le «grand Créateur du tout» avait façonné un monde parfait. Il n’y avait ni faim ni froid, ni maladie ni souffrance. Le mal n’existait pas.

Tous les animaux étaient herbivores et les végétaux fournissaient tous les besoins des hommes. Il suffisait de penser que les plantes poussent pour qu’elles grandissent effectivement.

Dans cet univers, les choses n’étaient pas ce qu’elles paraissent être, elles étaient ce que l’on voulait qu’elles soient.

Les hommes désobéirent

Malheureusement, les hommes ne respectèrent pas les règles établies. Ils désobéirent. Ils créèrent des complications qui n’existaient pas.

Le Grand Ordonnateur, déçu, abandonna ses créatures à son double pernicieux. Chassées du Paradis Primordial, lieu d’immortalité, de paix et d’abondances, elles devinrent «physiques» avec des envies et des besoins, source d’insatisfaction et de frustration.

Dans ce Nouveau Monde d’en bas, tout se succède : la souffrance succède au bien-être, la maladie à la santé, la mort à la vie, la nuit au jour… et tous les êtres sont liés entre eux. Ainsi, celui qui fait souffrir les animaux souffrira à son tour… Celui qui détruit ce qui l’entoure se détruit lui-même…

Le monde se transforma sous l’emprise du mal

Le monde se transforma alors peu à peu sous l’emprise du mal et de la souffrance, jusqu’à ce qu’il soit ce qu’il est aujourd’hui.

Toutefois, le Créateur permit aux hommes de «s’élever» pour aller dans le «lieu où se rendent les âmes», afin de le retrouver. Pour cela, il leur donna 3 moyens : les rêves, la mort et la voie du chamanisme.(Il est à noter que le terme «chaman» habituellement employé vient de la langue toungouse (les Toungoustes sont un peuple sibérien), et n’a donc pas cours dans les diverses langues amérindiennes. Dans l’Amérique Hispanophone, on parle généralement de curandero = guérisseur.)

Le premier chaman

Le premier homme qui parvint à retrouver le chemin menant au Créateur fut sacré chaman. Le divin lui apprit comment contacter les esprits. Il lui indiqua que ce sont eux qui lui enseigneraient les chants, les plantes médicinales ainsi que le rituel d’initiation. Les esprits de la forêt communiqueraient avec les hommes via les rêves ou après ingestion de certaines plantes. (Le mélange ayahuasca-chacruna en fait partie).

À son retour, il rapporta que dans ce monde parfait tout était transparent, la maison du créateur comme les créatures. On pouvait voir leurs os au travers d’eux.»

Autre peuple, autre continent, même vision du monde

Cette dernière phrase renvoie aux peintures des Aborigènes d’Australie représentant le «temps du rêve». Autre peuple, autre continent, mais vision commune.

Les rêves

Le rêve justement, selon la légende, est le premier moyen pour communiquer avec le monde originel.

Le principal problème est la non-maitrise du «voyage» pendant le sommeil. S’il est sûr que le rêve est le moyen le plus sécuritaire pour l’entreprendre, il est peu évident d’en retirer quelque chose de consistant, à moins d’en comprendre l’interprétation, ou à interférer dans le rêve lui-même. Dans ce dernier cas, on parle de rêve lucide, à ne pas confondre avec la visualisation.

Pourtant, le rêve peut-être un outil fantastique pour avancer dans la vie. Évidemment, les cauchemars font aussi partie de cette catégorie. Mais s’ils ne sont pas agréables, n’oublions pas qu’ils sont une alerte. Les cauchemars récurrents mettent l’accent sur un problème en particulier avec une action corrective à engager dans sa vie.

Vous pouvez aussi simplement demander à vos guides avant de vous endormir, ou à votre subconscient, mettez le terme qui vous convient, de vous donner la solution à la question que vous vous posez. Vous verrez que si vous faites confiance à la «manoeuvre», le matin au réveil il y a des chances pour que vous soyez sur la voie.

La mort

La deuxième méthode pour atteindre le paradis perdu est beaucoup plus expéditive, puisqu’il s’agit de la mort. Là, à priori, c’est simple à comprendre. Il n’y a pas de retour possible, sauf si vous croyez en la réincarnation. Et encore, la réincarnation de l’âme est-elle celle de l’esprit ? J’affirme que non, mais le débat est ouvert. Cela pourrait faire un sujet intéressant, non ?

La mort donc, est une promesse de vie meilleure dans le monde d’en haut. (Attention ! Ne vous suicidez pas ! Pour accéder au monde d’en haut il faut vivre « justement » et aller au bout de la « vie d’en bas »). Cette vision est conforme à la doctrine catholique, qui pourtant a réprimé (et réprime encore) les pratiques chamaniques. Ainsi, dans les deux cas, la mort est une libération. On quitte le monde d’en bas, monde de souffrances, pour embrasser le bonheur éternel.

La voie du chaman

La troisième et dernière voie est celle du chamanisme. L’homme est alors guidé par les esprits, créatures intermédiaires entre les deux mondes.

Le chaman est donc quelqu’un qui a acquis le savoir nécessaire pour communiquer avec les esprits. Il est lui même un intermédiaire entre le monde physique et le monde des esprits. En tant que tel, il est considéré, selon la légende, comme le réparateur du désordre qui règne ici-bas.

Une maladie, une affection psychique, spirituelle ou énergétique sont considérées comme des désordres. Ces esprits lui enseignent la connaissance des plantes médicinales afin de porter assistance à qui en a besoin.

Le chaman peut voler (pas au sens physique bien entendu) pour s’élever spirituellement et voir les choses «d’en haut», nager sous les eaux pour atteindre les esprits des mondes aquatiques, et peut voir ce que les autres ne voient pas.

Il interprète les rêves et les visions de sa communauté et la guide dans une vie juste, afin d’éviter les interactions négatives. (Celui qui fait souffrir, souffrira, celui qui détruira, sera détruit…)

Le chaman garantit le retour du « voyageur ». Il est également le garant du «bon retour», de la personne ayant également bu la plante, afin de communiquer avec les esprits ou d’entreprendre le voyage vers le monde d’origine. En effet, le voyageur inexpérimenté a toutes les chances de se perdre en route.

Il négocie avec les esprits négatifs qui interviennent souvent dans le monde physique. Parfois, certains chamans font alliance avec ces esprits, afin de servir le mal. Ce sont des chamans du «côté obscur»…

L’ayahuasca (en fait un mélange du type ayahuasca-chacruna, mais il y en a d’autres) est la plante qui permet au chaman d’officier. Très schématiquement, elle est naturellement présente à l’ouest d’une ligne partant du delta de l’Orénoque au nord, passant par Manaus et allant jusqu’au sud de l’Amazonie.

Et vous, qu’est-ce que ça vous inspire ?